Pietton remet à Alexandre Najjar les insignes de l’ordre des arts et deslettres

Pietton remet à Alexandre Najjar les insignes de l’ordre des arts et deslettres

pietton_najjar

24/11/2010

L’ambassadeur de France, Denis Pietton, a remis hier à Alexandre Najjar les insignes d’officier de l’ordre des arts et des lettres. La cérémonie a eu lieu hier après-midi à la Résidence des Pins en présence de plusieurs personnalités, dont notamment le ministre de l’Information, Tarek Mitri, l’ancien ministre Michel Eddé, le président du conseil supérieur de la magistrature, le juge Ghaleb Ghanem, et le bâtonnier de l’ordre des avocats de Beyrouth, Amale Haddad.

L’ambassadeur de France, Denis Pietton, a remis hier à Alexandre Najjar les insignes d’officier de l’ordre des arts et des lettres. La cérémonie a eu lieu hier après-midi à la Résidence des Pins en présence de plusieurs personnalités, dont notamment le ministre de l’Information, Tarek Mitri, l’ancien ministre Michel Eddé, le président du conseil supérieur de la magistrature, le juge Ghaleb Ghanem, et le bâtonnier de l’ordre des avocats de Beyrouth, Amale Haddad.
Prononçant une allocution à cette occasion, l’ambassadeur de France a d’abord rendu un vibrant hommage à Alexandre Najjar « l’homme de lettres dont nous connaissons les talents et qui manie aussi bien le style romanesque que le vers poétique, le langage des prétoires que la plume acérée de l’éditorialiste ». Rappelant qu’Alexandre Najjar est déjà « lauréat de la médaille d’argent de la Ville de Paris, en 1990, chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 2001 et Prix Méditerranée en 2009 », l’ambassadeur de France a notamment déclaré, en s’adressant à l’auteur : « Vous avez, c’est peu de le dire, la francophonie chevillée au corps. Rarement un auteur, dans le monde actuel, aura pris des positions aussi claires et aussi fortes pour mettre en avant cette langue que nous avons en partage . » (…)
Et M. Pietton d’ajouter : « Cet engagement exceptionnel prend un sens particulier à l’heure où le Liban vient de signer, au Sommet de la francophonie à Montreux », un pacte linguistique « qui réaffirme la place de la langue française au Liban pour les années à venir. Avec d’autres auteurs libanais, vous participez non seulement à une œuvre collective francophone qui poursuit son chemin sur plusieurs continents depuis des siècles, mais vous êtes pour la jeunesse libanaise, à travers la diversité de vos écrits et votre haute idée de la culture, une abondante source d’inspiration. » (…)
« La langue française n’a pas de communauté, elle n’a pas de confession, elle n’a pas de patrie, elle ne connaît pas de frontières, a poursuivi l’ambassadeur de France. Elle est sœur de la diversité culturelle et du multilinguisme, si chère au cœur des Libanaises et des Libanais. Elle a pour vocation de cultiver ce que Claude Lévi-Strauss appelait « la fleur fragile de la différence ». La francophonie est un ferment, elle est un message dont les mots marchent et rebondissent dans les traces de leurs aînés mais se tournent vers l’avenir, par toutes les voies de l’esprit et du cœur. C’est ce projet que nous défendons ensemble. C’est cette haute idée que le Liban a récemment portée aux yeux du monde, à deux reprises, lors du Sommet de la francophonie en 2002 et lors des Jeux de la francophonie en 2009, auxquels le Premier ministre Saad Hariri a rendu il y a quelques jours un vibrant hommage. Et dans ces deux cas, vous n’avez pas ménagé votre peine, avec d’autres comme Mme Hind Darwiche, votre collaboratrice de L’Orient littéraire, pour donner aux programmes culturels de ces grands événements tout l’éclat dont le Liban était capable. » En conclusion, M. Pietton a mis l’accent sur l’importance du supplément L’Orient littéraire, « ce journal de grande qualité qui est devenu, en quelques années, une référence dans toute la région et au-delà ».
Alexandre Najjar
De son côté, Alexandre Najjar a prononcé un discours dans lequel il a notamment souligné que cette distinction « est pour moi un encouragement à poursuivre mon chemin avec encore plus d’enthousiasme et de passion ».
Précisant que Victor Hugo a été pour lui un « véritable mentor », Alexandre Najjar asouligné : « Le français a été pour moi le véhicule de valeurs humanistes, de cet esprit de liberté qui animait les penseurs du siècle des Lumières, à l’heure où mon pays était livré à la violence et où les libertés publiques étaient foulées aux pieds par l’occupant et ses suppôts. Cette langue qui m’a beaucoup apporté, j’ai essayé de la servir au mieux que je le pouvais en étant exigeant avec moi-même, en m’essayant à différents genres littéraires, en relançant L’Orient littéraire, en défendant la francophonie si souvent malmenée de l’intérieur comme de l’extérieur, en encourageant les jeunes autour de moi à écrire et à se faire éditer. Aussi, le français représente-t-il à leurs yeux l’une des composantes majeures de notre identité libanaise : synonyme d’ouverture sur le monde, vecteur de culture, il n’est pas, comme le pensaient certains, un héritage du mandat, mais le meilleur moyen d’affirmer notre indépendance et notre singularité dans un monde arabe recroquevillé sur lui-même, sclérosé et dominé en partie par l’obscurantisme et le despotisme. »
Source: L’Orient Le Jour